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Il est certain que notre régime actuel doit beaucoup à Charles Maurras. De Gaulle s’est inspiré a minima de la pensée maurrassienne pour penser la Ve République. Le Général avait d’ailleurs fréquenté l’Action française de très loin durant ces jeunes années. Il y avait animé une conférence. Son Vers l’armée de métier (1934) avait reçu le soutien de Charles Maurras.
L’autorité en haut, les libertés en bas, un chef de l’Etat omnipotent, un véritable monarque républicain ; la décentralisation… autant de points qui viennent de la pensée maurrassienne. Parmi les proches de De Gaulle, il y avait bien André Malraux, qui avait préfacé un bouquin de Maurras. Un universitaire, Rodolphe Lachat, a tenté d’analyser les ponts existant entre gaullistes et maurrassiens. Il y eut bien Pierre Boutang, proche et descendant de Maurras, qui a soutenu le Général De Gaulle. Son journal La Nation française a été financé par les gaullistes.
Pour autant, notre régime de Monarchie républicaine ne satisfait pas les royalistes orthodoxes. Ils voient dans la Ve République une dissolution de l’entité nationale au profit de la supranationalité européenne. Ils critiquent le parlementarisme. Ils critiquent l’influence des lobbys de toute sorte qui font de la démocratie une vaste supercherie où le citoyen n’est plus considéré que comme un consommateur docile.
Oui, il y a héritage de la refondation contre-révolutionnaire maurrassienne au sein de la Ve République. C’est aussi pour cela que je critique les positions d’Ernst Nolte et Zeev Sternell. Dire que Maurras était un fasciste, d’abord, c’est anachronique ; ensuite cela relève d’enjeux personnels à chacun des deux auteurs. Ernst Nolte entend déculpabiliser ainsi son peuple de la singularité du national-socialisme. Zeev Sernhell, historien israélien, perçoit l’Europe comme le vieux continent et nivelle toutes les singularités nationales au sein d’un même ensemble. De plus, il est fort sensible à l’antisémitisme et aime à taxer de fasciste tout ce qui ne va pas dans son sens.
Dire que Maurras est un fasciste, c’est donc s’attaquer gravement à nos institutions contemporaines. Tout ceci témoigne de l’actualité de mon bouquin pour qui souhaite comprendre la genèse de ces dernières.


