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Tony Kunter Rss

Tony Kunter, Histoire d’abord !

Posted on : 26-04-2010 | By : admin | In : Réactions

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Je tenais à préciser mes intentions qui sont visiblement restées pendant trop longtemps floues. Ce sont des rencontres avec certains de mes lecteurs, avec des journalistes, avec des villepinistes, et avec de jeunes royalistes en devenir qui m’ont fait réaliser les ambiguïtés qui demeuraient. Je suis assez exaspéré de devoir faire cette mise au point tout cela car j’ai écrit sur Charles Maurras.

Mes intérêts ont toujours été purement historiques. Yves Chiron se refusait à m’octroyer cette neutralité historienne tout cela parce que j’ai publié trois-quatre articles dans l’Action française 2000. Ces derniers sont à cent pour cent le fruit de mes recherches (des compte-rendus sur des colloques, des extraits d’entretiens) et n’ont rien de politique. Il s’agissait essentiellement de remercier Michel Fromentoux, le rédacteur en chef du journal, qui m’a consacré beaucoup de temps dans son emploi du temps bien chargé.

Je n’ai pas cherché à faire de Maurras un saint, ce qui exaspère les personnalités d’extrême-droite, mais je n’ai pas tenté non plus d’en faire un démon, ce qui m’a valu d’être quasiment taxé de royaliste pro-maurrassien par les journalistes de TLT visiblement enclin à un sectarisme de gauche bien pensante.

J’ai eu de la sympathie pour les élites royalistes car j’ai vu les sacrifices qu’elles s’imposaient (carrière ruinée, vie de misère) pour se battre pour leurs idées. Je me suis montré exaspéré par leurs divisions multiples et invraisemblables qui nuisent particulièrement à leur crédibilité et à leur action (telle était ma conclusion lors de l’émission de radio courtoisie). Mais après une longue introspection, je dois l’avouer, et des doutes, je ne crois pas à cette idée quand elle est purement politique, j’y crois plutôt quand elle est totalement intellectuelle et culturelle. Je n’invente rien : ce sont là les conclusions issues des récents colloques sur l’Action française, qui ont lieu à Science-Po Paris sous la direction de Jacques Prévotat, Olivier Dard, et Michel Leymarie.

Pour ceux qui s’interrogent sur mes positions politiques, je dois dire qu’ils vont sûrement être déçus. J’oscille, comme beaucoup d’historiens, qui sont avant tout historiens, entre le centre droit et le centre gauche. Je suis un modéré, un pondéré, attaché à la Vème République originelle et à son pacte social. Une légère contradiction tient certainement en mon attachement à la souveraineté nationale : je ne crois pas en l’Europe telle qu’elle se construit, c’est à dire en vaste bloc de libre-échangisme au profit des très aisés (des sortes de grands feudataires) et au mépris des tradition (Nations, religions, traditions sociales).

Mes préoccupations sont purement intellectuelles et j’ai très peu de certitudes. Je suis en recherche. Mais de grâce, qu’on arrête de fantasmer sur mes engagements politiques, et qu’on se consacre à mes positionnements d’historien des idées politiques.
Personne ne m’a interrogé sur ce qui est le centre nerveux de mes travaux : ma thèse originale du point de vue de l’historiographie, qui dépasse l’analyse de René Rémond et qui s’oppose aux thèses de Zeev Sternhell et Ernst Nolte. Les critiques se sont appesanties sur des détails de mes travaux mais personne ne s’est attaqué au fond. Ou pire, j’ai eu droit à de simples insultes : c’est le cas d’Yves Chiron dont l’analyse des rapports entre Maurras et Maistre est superficielle, idéologique et minimaliste. Je me moquais un peu de lui dans mon ouvrage et il me l’a rendu mais avec des manières au ras-des-pâquerettes. Si les maurrassiens se fient à ce genre de personnage pour acheter de la littérature, je m’inquiète pour leur culture historique et leur sens de l’autocritique. Tout ça parce que je n’ai pas cité son copain Madiran.

J’ai participé au salon du livre d’histoire organisé par Parthénon événements en décembre dernier. Je fus exaspéré par l’ambiance (des gens qui m’apostrophaient en me regardant de haut et me disant que mon ouvrage était polémique). En bref, je me suis donné beaucoup de mal, déjà pour écrire, ensuite pour faire la promotion de mon ouvrage… je suis assez fâché contre tous les intervenants auxquels j’ai eu affaire qui, pour bon nombre (pas tous, bien heureusement), n’ont pas fait preuve d’honnêteté intellectuelle et surtout, qui n’ont pas su lire un travail purement académique. Il y a là de quoi s’inquiéter pour l’avenir de la littérature scientifique dans notre pays.

Les encouragements de Dominique de Villepin

Posted on : 21-12-2009 | By : admin | In : Réactions

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Je viens de recevoir une petite carte de Dominique de Villepin. Cet intellectuel élégant, en plus soucieux des problèmes populaires, est une incarnation de notre Ve République, ce fameux régime de monarchie républicaine, comme j’ai pu l’expliquer auparavant sur ce site. Qui est inquiet pour le devenir de la France, ne peut que soutenir cet homme d’État à l’envergure internationale (souvenez-vous de son coup d’éclat à l’ONU) qui a encore, j’en suis certain, une longue histoire à écrire avec les Français.
En attendant, voici ce qu’il m’a envoyé :

Cher Monsieur,

Merci infiniment pour l’envoi de votre ouvrage sur Charles Maurras qui vient très utilement renouveler la réflexion sur l’héritage théocratique de Bonald et Maistre.
Avec tous mes encouragements pour vos recherches. Soyez assuré de mes meilleures pensées.

Dominique de Villepin

Les critiques d’Yves Chiron

Posted on : 09-11-2009 | By : admin | In : Réactions

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Vous trouverez sur maurrassianna, les critiques formulées par Yves Chiron.
Le brillant biographe de Maurras ne m’épargne guère et peut-être que son ton est un peu dur. Il dénonce des limites que je précisais déjà dans mon étude en appuyant sur des formules d’insultes qui n’ont pas de grand mérite intellectuel. Monsieur Chiron se montre condescendant et n’encourage pas le premier essai d’un jeune auteur. Il récuse mon honnêteté intellectuelle sans aucun argument. Il s’attaque à ma méthodologie sans se justifier. Il cite ses amis, Jean Madiran et Emile Poulat, qui ne représentent pas, à ma connaissance, des références dans les diverses bibliographies sur Maurras, du moins au niveau universitaire. Leurs travaux sont pompeux et anecdotiques. Un front se dessine face à moi : il est dirigé par Jean Madiran, que je ne connais même pas, mais qui visiblement, ne me veut pas de bien.

Valentin Barnay dans Rivarol

Posted on : 09-10-2009 | By : admin | In : Réactions

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Voilà un autre journal d’extrême-droite qui s’intéresse à mon ouvrage… pour le critiquer. Valentin Barnay fait cependant preuve de plus de finesse qu’Alain Sanders (Est-ce si difficile? rires). Les reproches faits dans Rivarol (www.rivarol.com) ne sont cependant pas fondés. Oui, mon étude est un travail purement universitaire, et je le revendique. Non, je n’ai pas voulu faire une comparaison des textes des contre-révolutionnaires avec ceux de Maurras car j’ai fait œuvre d’histoire des idées politiques et non de philosophie politique comparée. Je pense avoir assez insisté sur l’importance d’Auguste Comte. Enfin, je n’ai jamais écrit que Maurras avait choisi la tradition au détriment du progrès. Mais il est de bon ton de voir Maurras tel un progressiste dans les petits et nébuleux groupuscules d’extrême-droite. Je regrette que Barnay ne soit pas plus nuancé et ne mette en avant les qualités de mon travail.

Charles Maurras, un classique contre-révolutionnaire?

Tony Kunter est un étudiant universitaire visiblement passionné par les théoriciens de la Contre-Révolution et qui a pris le parti d’analyser dans l’un de ses mémoires l’héritage intellectuel « reçu » par Charles Maurras. Son étude aujourd’hui publiée ne semble pas avoir subi de modifications majeures tant l’utilisation du jargon universitaire est présente dans le but, légitime, d’impressionner ses professeurs et son préfacier Olivier Dard. Aussi le lecteur a-t-il droit à une montagne de références, parfois anecdotiques, qui feront certainement le bonheur des collectionneurs.
En revanche, pas mal de maurrassiens et de spécialistes du Martégal risquent de rester sur leur faim car la thèse annoncée par l’auteur et selon laquelle Maurras serait avant tout une sorte de disciple de Joseph de Maistre et de Louis de Bonald ne jouissant d’aucune réelle originalité, n’est pas profondément étudiée sur le plan doctrinal. Alors qu’incontestablement, une étude discursive, voire une analyse de données des textes de nos contre-révolutionnaires comparée à ceux élaborés par le fondateur du nationalisme intégral, auraient été enthousiasmantes, en tout cas nouvelles. [Il est facile de reprocher à un ouvrage ce qu'il ne dit pas, mais parle-t-on un seul instant de ce qui est dit? Certainement pas. M. Barnay disserte, tout seul... bien seul.]
D’autre part, l’auteur n’a pas, selon nous, insisté suffisamment sur le rôle prépondérant joué par Auguste Comte sur le théoricien Maurras qui pratiqua les rétrogrades (Maistre et Bonald selon Comte) à l’aune des écrits positivistes, et non l’inverse. Ceux-là sont des intuitifs géniaux dont les textes sont validés par Maurras à la lumière de la science comtienne ! [En réalité, M. Barnay oublie de dire qu'ils sont tout simplement instrumentalisés par Maurras, qui les fait passer pour de parfaits positivistes.] Nous ne pouvons ainsi assener que le « Maître » ne fut qu’un simple héritier de la mouvance contre-révolutionnaire du tout début du XIXe siècle. [Je n'en dis pas moins en évoquant une recréation contre-révolutionnaire par Charles Maurras pour le début du XXe siècle]. Sur ce point, il étonnant que Kunter ne cite qu’une ou deux fois Léon de Montesquiou. Ce philosophe d’Action française, positiviste et comtiste résolu (et auteur d’une brochure sur Comte de 84 pages publiée en 1911 par les bureaux de l’Action française), eut pourtant une grande influence sur Maurras à l’instar de Paul Bourget et de Taine (dont l’auteur ne développe jamais les thèses). Contrairement à ce qu’affirme notre auteur, Maurras n’a pas choisi la tradition au détriment du progrès, mais la tradition pour le progrès. Une entreprise hautement comtienne qui, mise en application, aurait signé la naissance de la troisième grande étape sociologique et politique de cette partie précieuse de l’humanité qu’est la France : le stade positiviste sous l’habit monarchique.

Valentin Barnay

Tony Kunter, Charles Maurras, la Contre-Révolution pour héritage. Nouvelles éditions latines, 2009, 208 pages avec préface d’Olivier Dard, 18 euros.

Quand Alain Sanders s’excite dans Présent

Posted on : 05-10-2009 | By : admin | In : Réactions

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Je vous livre ici un article très critique du polémiste d’extrême-droite Alain Sanders paru dans le numéro 6937 du quotidien de la droite nationale Présent (jeudi 1er octobre 2009. www.present.fr). Je ne pouvais espérer un plus beau gage de neutralité que d’être attaqué par un pilier de l’extrême-droite. Cette critique, qui ne fait que citer quelques évidences contenues dans mon bouquin, et qui rend hommage au directeur historique du journal, Jean Madiran, atteste de l’impartialité de mon bouquin alors même que sur TLT, j’étais agressé par des journalistes se proclamant de gauche et me recevant non sans ironie. Tout les bords politiques sont dérangés par mon oeuvre. Alain Sanders ne rend pas compte de toute la nuance, de toute la richesse, et de toute la qualité historique de mon ouvrage. C’est à regretter. Cet article appartient au registre du simple billet d’humeur, sans grand fondement. Il s’agit juste de faire du tapage. Je remercie Présent pour cette belle publicité ^^ faite ex negativo.

Tony Kunter : « Charles Maurras, la contre-révolution en héritage » [le titre de mon ouvrage est pour héritage, M. Sanders a la cervelle trop petite pour retenir un titre, ce qui doit aussi expliquer la pauvreté de son article]

C’est Maurras qu’on assasine… [quel titre grandiloquent et exagéré !]

Quand paraît un nouveau livre sur Maurras, concocté par un « jeune auteur » comme c’est le cas avec le Charles Maurras, la contre-révolution en héritage (NEL) de Tony Kunter, mon premier réflexe est de chercher dans les pages de l’oeuvre, l’index, la bibliographie, où est cité le nom de Jean Madiran. Parce qu’il me semble difficile, pour ne pas dire impossible, de parler du grand Martégal sans « évoquer » Madiran dont l’un des tout derniers livres s’appelle  Maurras toujours là (Consep). Pour ne rien dire de son Pius Maurras (DMM, 1966) et de son Maurras (paru en 1992 aux… NEL).

Alors j’ai tourné, retourné, re-retourné le livre de Kunter et il a bien fallu que je me rende à l’évidence : pas la plus infime mention du nom de Madiran, même dans la plus obscure note de bas de page. Ca commençait mal…

Mais j’ai quand même lu l’ouvrage dont le titre, s’il ne m’apprenait pas grand-chose – « La contre-révolution en héritage » via Maurras, ce n’est pas vraiment une découverte – aurait pu m’apprendre quelque chose et, qui sait, m’apporter quelques bonnes surprises. L’honnêteté me contraint à dire, nonobstant l’accueil enthousiaste fait à ce livre par des gens d’Action française, que je n’en ai eu aucune. Pire : je n’en ai quasiment eu que des mauvaises.

Comment accepter, par exemple, une phrase de ce type :  » C’est la dernière décennie 41-51 qui rend particulièrement ambiguë (sic) la pensée maurrassienne » quand cette décennie-là, justement, est particulièrement lumineuse de la pensée maurrassienne? Comment accepter – première nouvelle – l’affirmation d’une « rupture [de Maurras] avec Barrès »? Comment peut-on écrire, contre toute évidence, que Maurras allait « tenter de se voiler la face devant les concessions indirectes que la ligne maréchaliste lui faisait entériner par procuration »?

Et pire, car là est quasiment le blasphème, cette autre phrase : « Quand il écrit son article sur Roger Worms le 2 février 1944, Maurras se bat sur une « ligne de crête » qui n’existe plus, ce qui le fait basculer, quoi qu’on en dise dans le camp de l’Axe et de l’Occupant ». Maurras « dans le camp de l’Occupant »? (1) Mon dieu…

Il y a quelques années, un écrivain qui ne manque de talent, et qui est aujourd’hui à l’Académie française, écrivit des pages pour louer le littérateur et le poète Maurras et finalement conclure : « Dommage qu’il se soit perdu dans la politique ». Avec des admirateurs de cet acabit, il est sûr que Maurras n’a pas besoin d’ennemis.

En veut-on une dernière pour la route (parce que sinon j’en arriverais à être désagréable)? La voilà : « Si  [Maurras] fut le restaurateur indéniable de l’idée du roi dans les années 1900, il en devint le grand fossoyeur [pas moins...] en essayant de prendre une place éminente au sein du régime de Vichy, ce qui le rendit complice par procuration de l’aide que l’État français a fournie au système national-socialiste. » Fermez le ban.

Alain Sanders

(1) Ou encore : « Le « maître » [les guillemets sont de l'auteur] condamnait (…) sa doctrine à une défaite et un interdit certain, en raison de sa collusion (sic) désormais facilement prouvable par son appartenance au camp des vaincus de la Seconde Guerre mondiale ».

L’article de Michel Fromentoux sur mon ouvrage

Posted on : 16-09-2009 | By : admin | In : Réactions

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Au sein du numéro 2778 de l’Action française 2000 du 17 au 30 septembre 2009, à la page 12, mon ami Michel Fromentoux, rédacteur en chef, se livre à une critique de mon ouvrage que vous trouverez ci-dessous. Bonne lecture.

L’ENQUÊTE DE TONY KUNTER

La Contre-Révolution pour héritage

Aucun chercheur ne s’était encore attelé à l’étude de cette grande généalogie intellectuelle qui, au fil de tant de découvertes et de réinterprétations, relie le traditionalisme « théocratique » de Louis de Bonald et de Joseph de Maistre à la doctrine du nationalisme intégral.

Être civilisé c’est se reconnaître héritier. Maurras le savait plus que quiconque, lui qui, au contraire de Jean-Jacques Rousseau, n’aurait jamais repensé le monde en disant « Écartons les faits… », mais nous avons là deux mondes irréconciliables, l’amnésie sauvage d’un côté, l’enracinement créateur de l’autre. D’où l’intérêt de l’ouvrage du jeune historiographe Tony Kunter, Charles Maurras, la Contre-Révolution pour héritage, qui inscrit notre maître dans une lignée sans pour autant réduire son apport personnel à la science politique.

Une généalogie intellectuelle
Qualifier Maurras de contrerévolutionnaire n’est certes pas original, chacun sait qu’il a réalisé une synthèse critique de tous les écrits dénonçant au cours du XIXe siècle l’individualisme des principes de 1789 et leurs néfastes conséquences. Mais aucun chercheur ne s’était encore attelé à l’étude de cette grande généalogie intellectuelle qui, au fil de tant de découvertes et de réinterprétations, relie le traditionalisme « théocratique » de Louis de Bonald et de Joseph de Maistre à la doctrine du nationalisme intégral. Tony Kunter a accompli ce travail colossal en fouillant dans le fonds Maurras aux Archives nationales, en dressant un inventaire de la bibliothèque de Martigues, en consultant aussi le fonds du château de Monna, résidence de la famille de Bonald, dans le Rouergue.
La photographie du maître de l’Action française devant le tombeau de Bonald qui orne la couverture du livre est certes le symbole d’une filiation. Et le fait qu’elle date de 1941 montre combien Maurras, en ces années d’épreuves pour la France, tenait à fonder la légitimité de ses principes de salut public sur une référence traditionaliste.
Cette familiarité intergénérationnelle avait pourtant connu diverses phases, et Tony Kunter invite son lecteur à revivre l’itinéraire qui a mené le jeune Provençal de la simple critique littéraire des pensées du Rouergat (on découvre au passage un surprenant schéma assez bonaldien de constitution, resté au fond des papiers Maurras depuis 1893…) jusqu’à la « récupération », voire « l’instrumentalisation » quelques années plus tard des idées de celui-ci. Au passage, quelques difficultés avec le descendant de Bonald, puis quelques années de reconnaissance seulement implicite du lien suivies dans la décennie quarante d’une réaffirmation très claire. Entre-temps, l’image de Bonald, et parallèlement celle de Maistre, s’étaient quelque peu modifiées en fonction des circonstances politiques et surtout de l’influence d’une multitude d’autres grands penseurs, ennemis aussi de l’individualisme : Balzac, Berryer, Mallet du Pan, Blanc de Saint-Bonnet, Taine, Le Play, Fustel de Coulanges…, et surtout Auguste Comte.

Creuset comtiste
Tony Kunter, au terme de cette passionnante évolution, écrit : « D’idéaliste à l’herméneutique révolutionnaire, l’image que Maurras veut donner de Bonald devient celle d’un positiviste. La manœuvre, si tant est qu’elle soit consciente, permet au chef de l’Action française d’achever le reformatage du vicomte en parfait maurrassien. » En quelque sorte, Maurras aurait rajeuni et complété Bonald en le faisant passer dans le creuset comtiste, où ses idées fondées sur le droit divin auraient reçu la vérification de l’expérience positive.
Ce besoin de toujours montrer que ce que les croyants savent émaner d’une Providence trouve sa parfaite adéquation dans l’observation et l’expérience des faits a toujours conduit Maurras, tout en soulignant du fait même l’excellence des préceptes catholiques, à réunir les Français, selon la règle de l’empirisme organisateur, sur le terrain de la défense de ce qui leur est commun, la nation. Ce qui permet à Kunter de parler d’une « refondation », ou d’une « recréation contre-révolutionnaire » : « Profondément ancré sur la terre ferme, expression matérielle des racines, Maurras n’en regardait pas moins avec envie les Bonald et Maistre tournés vers les cieux et qui avaient transcendé la chaîne des générations par le mythe de la révélation primitive ou du providentialisme. »

« Recalibrage »
Ici, comme l’écrit dans sa préface le professeur Olivier Dard, l’ouvrage enrichit l’histoire des idées politiques, prouvant une fois de plus que Maurras aura « donné à la Contre-Révolution française son expression le plus aboutie et la plus parfaite » en érigeant la monarchie plus qu’au simple niveau d’une fidélité, à celui du nationalisme intégral, donc d’une nécessité irremplaçable pour la continuité de la nation. Toute construction intellectuelle a ses failles. Kunter déplore celles qui ont trop souvent conduit les successeurs de Maurras à des désaccords qui fragmentent encore le mouvement. Puisque toute tradition est critique, il appellerait volontiers les actuels maurrassiens à reprendre aujourd’hui, en s’impliquant à fond, le travail de « recalibrage », de « récupération » et d’ « instrumentalisation » d’idées traditionnelles et nouvelles. Nous serions donc en 1899, au temps où Maurras étrennait sa prodigieuse méthode de l’empirisme organisateur, et nous aurions à repenser, nous appuyant sur cette même méthode, à notre tour les principes de notre action dans un monde qui a changé mais qui reste en proie à la Révolution toujours plus lancinante à défaut d’être sanglante.

La vérité politique
Pour nous, ce travail pourrait efficacement s’accomplir au sein même de l’Action française et dans l’unité si ceux qui s’y lancent n’avaient pas trop tendance à se prendre pour de nouveaux Maurras et à repenser notre maître selon eux-mêmes, oubliant que celui-ci, jusqu’à son dernier souffle, s’est voulu – et Tony Kunter dans ce livre remarquable n’insiste pas assez sur ce fait – un serviteur de la vérité politique – cette vérité qui n’est pas de même nature que la Vérité tout court qui vient de Dieu, mais qui peut y conduire, – cette vérité en tout cas que l’expérience politique révèle à quiconque fait preuve d’un peu d’humilité. Nous en concluons que plus que jamais, pour que la pensée maurrassienne puisse s’ouvrir, se rénover et absorber le meilleur des courants d’idées sans se renier, il est nécessaire qu’une Action française subsiste et garde l’héritage.

MICHEL FROMENTOUX

Des remerciements de Nicolas Sarkozy

Posted on : 12-09-2009 | By : admin | In : Réactions

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Suite à l’envoi de mon ouvrage, Nicolas Sarkozy a souhaité me remercier par l’intermédiaire de son Chef de Cabinet, Cédric Goubet :

« Monsieur,

Vous avez souhaité adresser un exemplaire de votre ouvrage au Président de la République.
Il m’a confié le soin de vous remercier de votre envoi.
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.

Cédric Goubet  »

J’espère que Nicolas Sarkozy aura pris le temps de voir dans mon livre ce que la Ve République doit à l’école contre-révolutionnaire.

Une lettre de l’écrivain Ghislain de Diesbach

Posted on : 18-08-2009 | By : admin | In : Réactions

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Suite à l’envoi de mon bouquin, l’écrivain spécialiste de l’histoire des émigrés, Ghislain de Diesbach, m’a envoyé cette lettre :

« Monsieur,

C’est fort aimable de votre part de m’avoir envoyé votre essai sur Maurras et ses pères spirituels, ce qui m’a beaucoup appris, car je dois avouer que ma science est courte à ce sujet, pour ne pas dire inexistante, n’ayant jamais lu de Maurras que ce qu’il a écrit sur Chateaubriand. Et pour continuer à faire preuve de franchise, je vous dirai que n’ai jamais rien lu de Bonald, ni de Joseph de Maistre, à l’exception des Soirées de Saint-Pétersbourg, bien ardues à lire et de certaines correspondances concernant l’Emigration…

Ainsi vous avez, comme on disait au début de la Révolution, « dissipé les ténèbres de l’ignorance ». J’ai admiré votre érudition, votre conscience professionnelle qui vous a fait rechercher jusqu’aux inventaires des bibliothèques et l’art avec lequel vous faites assimiler par le lecteur des notions souvent bien austères.

Il me semblait que Maurras ne s’était jamais marié. Comment Nicole Maurras pouvait-elle être sa belle-fille? N’était-elle pas plutôt sa nièce, ayant épousé son neveu? Il me semble avoir rencontré jadis celui-ci chez Jean-François Chiappe.

Avec mes remerciements et mes compliments, veuillez bien agréer je vous prie, Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Ghislain de Diesbach « 

Au sujet de Nicole Maurras, Charles avait adopté son neveu Jacques, qui était donc aussi son fils. Voilà pourquoi elle est la belle-fille de Maurras.

Jean-Marie Le Pen répond à Tony Kunter

Posted on : 16-08-2009 | By : admin | In : Réactions

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Lors du lancement d’un bouquin comme le mien, il n’est pas rare de recevoir des réactions d’hommes politiques. C’est ainsi que j’ai reçu celle de Jean-Marie Le Pen. Même si je suis loin de partager ses idées, j’ai jugé opportun d’envoyer mon ouvrage à une institution de l’extrême-droite telle que lui. Le leader du FN m’a répondu par une petite carte dédicacée :

« A Tony Kunter qui a ajouté un beau livre à la bibliographie du maître de Martigues. Cordialement, Jean-Marie Le Pen.

PS : Je ne manquerais pas de citer votre ouvrage lors d’un des « blogs » de la rentrée. »